... Le Châtellerault Louvetier ...

Au début des années 1830 et jusqu‘aux années 1860, la construction à Châtellerault des usines fabriquant des couteaux s‘est développée. La division du travail, déjà adoptée pour la fabrication des armes, fut appliquée à la coutellerie fermante et de table. Les ouvriers couteliers du XIXe se sont faits forgerons, limeurs, façonneurs de nacre et d’ivoire, façonneurs d’os, monteurs, fabricants de lames d’argent, aplatisseurs de cornes, fabricants de viroles… Pourtant, il leur a été difficile de tenir une place particulière dans le paysage coutelier français, car Thiers fabriquait à meilleur compte et Nogent produisait des articles mieux finis. Cette place, ils la doivent probablement aux passerelles qui se sont formées entre la Manufacture d’armes et la coutellerie fermante. Lorsque le travail manquait, les ouvrier armuriers cherchaient à s’en procurer dans les fabriques de coutellerie, et réciproquement. Ceci explique la production très orientée chasse des pièces de Châtellerault. Une anecdote, racontée par Camille Pagé dans son ouvrage « La coutellerie, des origines à nos jours », souligne le caractère aussi bien trempé que celui de leur couteaux des ouvriers et maîtres couteliers châtelleraudais : « A quelque temps de là, le sieur Demarsay, qui occupait à son usine de jeunes apprentis, sortant de l’hôpital de Châtellerault, eût une discussion avec l’un d’eux. Le maître et le compagnon se poursuivirent armés d’une lame pointue ; ils en virent aux mains et, en se défendant, le sieur Demarsay, sans le vouloir, porta un coup mortel à son ouvrier. Il fut arrêté, passa en cour d’assises et fut acquitté. » Il ne fait aucun doute que le Châtellerault Louvetier aurait fort bien pu être ce couteau à lame pointue…