Ce modèle de Châtellerault que nous avons appelé Gentilhomme a été fabriqué au XIXe siècle avec un manche en ivoire « brillanté ». Cette technique du brillantage, également mise en œuvre sur le Châtellerault Louvetier, est un décor à l’épargne très en vogue sur les manches des couteaux châtelleraudais de l’époque, mais également sur leurs lames. On applique au pinceau à main levée sur l’ivoire un vernis qui protège les parties que l’on désire conserver blanches. On trempe alors le manche dans une teinture spéciale, différente selon que l’on souhaite une teinte plus ou moins prononcée. La technique est la même pour les lames, qui sont, quant à elles, baignées dans un mélange d’acides qui attaque la surface de l’acier. Les graveurs du XIXe qui avaient en charge l’art du brillantage nourrissaient leur inspiration de magots chinois et de décors floraux et animaliers. M. Henri et M. Ingrand, qui habitaient non loin de l’Hôtel de la Robe du Loup à Châtellerault, en étaient de fameux représentants. D’autres les ont aussi imités mais souvent maladroitement. Chaque décor brillanté est unique puisque réalisé à la main.